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Voix Africaine

Voix Africaine

Le Griot des Etats Unis d'Afrique

Mali: la trahison de l'Afrique

BULLETIN D’HUMEUR N° 12

MALI : LA TRAHISON DE L’AFRIQUE

« Sans la liberté de blâmer, il n’y a point d’éloge flatteur (Beaumarchais) »

Je commence par une citation de feu Thomas SANKARA, Président de l’ex Haute Volta, qu’il rebaptisa Burkina Faso, pendant son mandat du 4 Août 1984 au 15 Octobre 1987, date de son assassinat par Blaise COMPAORE :

« L’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte, ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort » (cf)

Mali: la trahison de l'Afrique

Il est une réalité indéniable dont nous devons, en toute lucidité, prendre conscience : c’est que  les Etats Africains subsahariens n’ont jamais mérité leurs indépendances ; nonobstant toutes les rhétoriques qui ont fusé et qui  fusent encore depuis 60 ans, par ci et  par là au gré des spéculations intellectuelles  et philosophiques de toute nature et de toute sorte. Pour d’aucuns, dans  le contexte actuel du Monde globalisé, une telle assertion  équivaudrait à un penchant  d’afro-pessimisme rétrograde. Pourtant ! Comment ne pas reconnaître que, depuis ces cinq décennies qui nous séparent des octroies de ces indépendances, l’Afrique porte en elle, toujours, le complexe d’infériorité, convainque que nous n’avions (Nous les Africains) ni civilisation ni culture qu’en nous définissant par rapport à ceux qui aliénaient notre  personnalité dans toutes ses dimensions. En agissant ainsi, il est évident que nous leur permettions de nous abîmer. L’exemple du concept de la « négritude » est révélateur : dont feu Léopold Sédar SENGHOR affirmait à la face du monde,  je cite «que si la raison est hellène, l’émotion est nègre ».

Mali: la trahison de l'Afrique

Je n’ai pas l’outrecuidance de prétendre, ici présentement, d’ouvrir un quelconque débat philosophique. Cependant, je revendique, ici,  le fait que c’est par manque de conscience révolutionnaire que fut inventé le concept de la « négritude » ; qui ouvrit les portes de notre Civilisation authentiquement africaine à d’autres envahisseurs flanqués d’autres desseins : la conversion des soit disant païens africains. Ainsi est né dans l’inconscient collectif des africains subsahariens le germe de la trahison

Mali: la trahison de l'Afrique

Ce qui se passe au Mali, depuis plus d’une dizaine d’années, résulte de la « Balkanisation », c’est-à-dire l’émiettement territorial des ex-colonies ; la division artificielle de l’Afrique « imposée aux africains » à la Conférence de Berlin, en 1885, entérinée à partir de 1956 par les africains eux-mêmes  avec la bénédiction de la « trahison » de Houphouët BOIGNY, qui s’opposa à toute idée d’indépendance immédiate et effective des Etats Africains, après l’ultime Congrès du Rassemblement Démocratique Africain (RDA) à Bamako (25 -30 Septembre 1957). L’idée saugrenue de ce dernier étant de vouloir « faire l’Unité de l’Afrique » au niveau de la Côte d’Ivoire. C’est ainsi que le « cas » de l’ex-Soudan Français (qui deviendra la République Démocratique du Mali après son indépendance, puis la République du Mali après le renversement du Président Modibo KEÏTA, par le Général Moussa TRAORE fut toujours une épine dans les pieds du colonisateur : la France devenue ancien colonisateur.

 

Mali: la trahison de l'Afrique

Pourquoi une épine dans les pieds de la France, je dirai plutôt dans ceux des africains ?

 

Cette partie septentrionale du Mali, peuplée essentiellement de Touaregs Nomades, (qui sont devenus sédentaires, à partir du 18ème siècle),  dont le Territoire s’étend jusqu’aux contreforts du Sud  de l’Etat du Niger, était l’AZAWAD, (qui signifie lieu de pâturage : traduction française de la langue Touareg) depuis le déferlement des Arabes à partir du 13ème 14ème siècle. Considéré comme le prolongement du désert  Sahélo-Saharien l’AZAWAD fut sous domination successive des trois grands Empires : Ghana, Mali, et Songhaï avant l’entrée des forces de colonisation en terre africaine

Mali: la trahison de l'Afrique

Au regard du concept juridique international de l’intangibilité des frontières, scellée dans la Chartre de l’ONU (Organisation des Nations Unies), aucun groupe d’appartenance ethnique ou politique ou même religieux, quel qu’il soit, ne peut et ne doit remettre en cause cette intangibilité. Ce qui équivaudrait à un acte de casus belli. Donc, le MLA (Mouvement de Libération d’Azawad) en revendiquant l’indépendance ou l’autonomie de la partie Septentrionale du Mali – quel que soit le vocable  emprunté- se trouve être dans la voie de la trahison des aspirations et de la volonté  d’une Afrique émergente qui aspire à l’unité. C’est le lieu de dire, ici, que l’Union Africaine dans sa forme conjoncturelle actuelle n’est qu’un, copié-collé de ce qu’était l’ex –OUA (Organisation de l’Union Africaine), sans ambition et sans audace pour sortir du néocolonialisme. Donc, une trahison de ce qu’était l’esprit de la résolution de Bamako : c’est-à-dire la réalisation de l’Unité Africaine, qui supposait le transfert et le renoncement à certaines prérogatives des pouvoirs de la part des Etats Africains vers cette nouvelle entité, dont l’objectif final serait : Les Etats-Unis d »Afrique. Ce qui supposait, aussi, qu’aucune option n’était écartée pour l’aboutissement de ce grand projet politique : y compris la Révolution Politique non belliqueuse (il faut le souligner) sous des formes qui restaient à déterminer au gré de l’évolution de l’Histoire du continent noir.

 

Mali: la trahison de l'Afrique

Si l’on se pose, actuellement, la question des conflits ethniques, des guerres à connotation plus-ou-moins fratricides, du terrorisme qui sévit dans le continent noir et se fortifie de narco trafiquant et de ventes d’armes : (qui a pris d’ailleurs allègrement ave aisance «ses quartiers» dans l’ouest africain), créant des entraves chroniques sous diverses formes, au sens pathologique du terme, déstabilisateurs à tous les niveaux des Etats Africains, politico-économiques et géostratégiques des développements, des progrès de démocratie : la réponse se trouve de ce que l’on appelle le paradoxe de l’Afrique. En effet, continent le plus riche de la planète en matières premières de toutes sortes, il est trahi par les mauvaises gouvernances, et par toutes sortes de corruptions : du sommet à la base du triangle des couches sociales des populations. Ce qui gangrène politiquement et outrageusement celles-ci ; outre l’incapacité des pouvoirs politiques et des leaders africains qui se sont succédés et continuent de se succéder par des coups d’Etat, à tour de bras ; destructeurs de toute avancée sociale et démocratique ; et  faisant ainsi le lit aux injustices sociales dans les peuples. Tout cela découle, en fin de compte, de manque de perspectives des politiques ambitieuses qui prônent le développement du Continent Africain à long terme soutenues par une vision ambitieuse, aussi, englobant toutes les sous-régions dans un esprit de  volonté politique globale de développement..

Pourquoi ne  pas oser dire que les conséquences de toutes ces trahisons, de nos dirigeants africains, depuis plus de cinquante ans, relèvent de leurs incompétences à gouverner et à diriger convenablement et dignement leurs peuples ; à offrir à la jeunesse africaine –(pour mémoire qui représente plus de 80% des populations, de 18 à 25 ans) – des perspectives d’avenir par le travail pour endiguer la courbe vertigineuse montante des chômages d’année en année Cette jeunesse trahie, elle aussi, par des slogans de fausses promesses, et de mensonges aux moments des élections dans le seul but d’accaparer leurs voix. Cette jeunesse africaine aux potentialités immenses, délaissée, abandonnée au hasard de leurs destins, forme justement, à présent, un vivier qui sert de pépinière où viennent « se servir » toutes les obédiences du terrorisme international.

Ce faisant, nous avons, en Afrique de l’Ouest, le «Phénomène » du terrorisme dont  Boko Haram» est l’une des illustrations de certaines obédiences religieuses se réclamant de l’Islam, non identifiées authentiquement dans les Saintes Ecritures du Saint Coran. Mais qui sont ni plus ni moins que des vecteurs de barbaries faisant fi du droit sacré de la vie humaine et de sa dignité d’exister en tant que tel.. Il est notoirement admit que c’est dans les milieux de pauvreté des sociétés africaines, que ces groupuscules du terrorisme « recrutent », ainsi que parmi la jeunesse africaine, en manque d’idéal et de rêve de conviction d’avenir, et d’émancipation dans leurs conditions sociales de vie et de bien-être ; ou bien encore dans les milieux de jeunes africains fanatisés par la religion et endoctrinés à outrance par le miroitement imbécile du paradis. J’accuse, ici, de trahison tous les pouvoirs de tout bord et de tous les milieux de laxisme et du laisser-faire, de fuite devant leurs responsabilités lorsque les plaies dont je viens de faire état rongent l’Afrique, et deviennent à la longue incurables.

 

Mali: la trahison de l'Afrique

Qui peut  croire que le kidnapping des 213 lycéennes(mineures) au Nigéria  par cette secte terroriste n’ait pas bénéficié de complicités à l’intérieur de l’armée et même dans les rangs des forces de police de l’Etat Nigérian ; complicités alimentées par une corruption dont le Nigéria  est connu pour être à la tête du classement des pays où sévit de manière exponentiel la corruption à tous étages de le société.  Plus grave encore est le laxisme et la lenteur de ces mêmes forces, censées assurer la sécurité des citoyens Nigérians, pour alerter à la fois l’opinion du pays et internationale. Ils ont attendu 3 semaines pour ce faire. Il n’y a pas plus grande trahison face à cet acte où la dignité de l’être humain est bafouée, à la face du monde, et les droits humains foulés aux pieds par des fous barbares.

 

Jusqu’à quand l’Afrique va-t-elle continuer à se complaire dans cette attitude, qu’à chaque fois elle doit baisser la tête devant tant d’outrages, et dire AMEN !

Cependant, il est permis de rêver.

Mali: la trahison de l'Afrique

Par Mamadou Jean-Michel KOUROUMA

Journaliste

Correspondant de Voix Africaine, à Dakar

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Silla Hamadou 05/07/2014 12:46

Sans prêter d'intentions malveillantes à l'auteur de cet article, je crois devoir relever deux assertions qui sont de nature à maintenir des personnes de bonne foi en Occident principalement, dans une grossière appréciation de ce qui se passe actuellement au Mali. L'auteur prétend ceci :"Cette partie septentrionale du Mali, peuplée essentiellement de Touaregs Nomades, (qui sont devenus sédentaires, à partir du 18ème siècle), dont le Territoire s’étend jusqu’aux contreforts du Sud de l’Etat du Niger, était l’AZAWAD, (qui signifie lieu de pâturage : traduction française de la langue Touareg)" D'abord les Touaregs constituent la plus petite minorité du Septentrion malien (si l'on se donne deux minutes, c'est facile à vérifier); ensuite il faut souligner que le terme "Azawad" qui est d'origine arabe contrairement à ce que prétend l'auteur, est un pâturage de la dimension d'un quartier moyen africain. Les régions Nord du Mali (abusivement nommées Azawad par le MNLA) s'étendent sur une superficie de plus de 800 000 Km². Ces détails à priori anodins causent d'énormes dégâts dans l'appréciation de ceux qui pensent que les MNLA revendique légitimement un espace géographique pour les Touaregs. Les Touaregs qui ne demandent rien au MNLA, il faut le savoir...!

Aaisha Sylla 05/07/2014 17:51

Bonjour. Merci pour vos informations,qui enrichissent l'article. Je demanderai à notre correspondant s'il veut ou peut vous répondre. Bien cordialement