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Voix Africaine

Voix Africaine

Le Griot des Etats Unis d'Afrique

ADIEU ! «Tata» Rolihlahla MANDELA

ADIEU ! «Tata»  Rolihlahla MANDELA

                                               BILLET  D’HUMEUR   N°  11

                      

            «Sans la liberté de blâmer il n’y a point d’éloge flatteur »(Beaumarchais)

 

                           ADIEU ! «Tata»  Rolihlahla MANDELA

 

C’est en prenant des précautions qui s’imposent, qu’un sentiment de légitime prudence m’envahit à ces moments précis où s’écrit une page douloureuse de l’Histoire de l’Afrique et de l’Humanité de ce XXIème siècle.

 

Il est 20 h 50, ce Jeudi 5 Décembre 2013, le monde planétaire apprenait le décès de Nelson MANDELA, de son vrai nom Rolihlalha, qui signifie dans la langue Xhosa (sa langue maternelle) «tirer sur la branche d’un arbre» ; l’Homme du : Un long chemin vers la liberté ».  Son ouvrage autobiographique, édité aux Editions FAYARD, – Janvier 1995.

 

Quand bien même que Nelson MANDELA nous « préparât » à la fatalité de sa disparition, qui était inéluctable (biologiquement), il n’empêche que sa souffrance, dans l’agonie de l’attente de cet ultime «départ», fut aussi la nôtre à l’idée de l’inacceptable d’être ses «orphelins» dans une Afrique en quête inlassable de paix, de tolérance, de justice et de démocratie. Des principes moraux et politiques sans lesquels il n’y a point de salut pour que l’Afrique, traversée de toute-part par des conflits ethnico religieux, rehaussât ses fils à la dignité d’hommes libres des jougs de domination et d’oppression  de toutes sortes qui les entravent. C’étaient-là, aussi entre-autre, les aspirations générales que les compatriotes de Madiba «conspirèrent» en faveur de son entreprise au sein de l’ANC, créé en 1912, qu’il rejoignît en 1943, lors des premières manifestations. En 1948 l’expérience du durcissement par l’instauration officielle de l’apartheid l’amena, nonobstant certaines oppositions au sein de l’ANC, à la création  de sa branche militaire : Umkhonto we Sizwe : sigle (MK) en 1961. C’est ainsi qu’il décida alors d’entrer dans la clandestinité et de passer à la lutte armée. Ce qui l’amena, bien naturellement, à «s’exiler» volontairement  pour asseoir la naissance d’un mythe à travers le monde, surtout par/et dans les pays ayant une notoriété internationale dans les luttes de libérations et de décolonisation des peuples.

ADIEU ! «Tata»  Rolihlahla MANDELA

Outre l’Algérie où Madiba acquiert des bases fondamentales de guérilla, c’est la Guinée de Sékou TOURE qui lui offrit une base logistique, en accordant à MANDELA, et à tous ses compagnons de lutte, des Passeports Guinéens leur permettant de se déplacer et voyager plus facilement dans le Monde. Soulignons au passage que c’est dans la même période, des années 60, que la Guinée accueillit Myriam MAKEBA, autre figure de la lutte anti-apartheid, en lui accordant la Nationalité Guinéenne, et résidence sur la terre Guinéenne.

 

Sans doute, il y a, parfois, une époque précise dans l’Histoire des peuples où les grands évènements politiques se réalisent fatalement, parfois à contre-courant. Mais ces évènements ont leurs facteurs qui produisent des forces exercées directement sur ces évènements. C’est le cas, par exemple, au XVIIIème siècle de l’abolition de la traite des esclaves noirs ; où l’on rencontre Wilberforer en Angleterre et l’Abbé Grégoire en France qui furent des modèles de ces philanthropes qui se laissèrent inspirer par un sentiment supérieur de justice, d’humanisme en présence des horreurs dont le commerce des négriers donnait l’exemple.

ADIEU ! «Tata»  Rolihlahla MANDELA

Vingt-sept ans de prison, c’est le prix : que dis-je : c’est la rançon du sacrifice de sa personne qui a mis en parenthèse sa vie familiale, disons sa Vie tout court de Madiba pour combattre l’apartheid : la ségrégation raciale la plus cruelle de l’inégalité, de la négation des Droits Fondamentaux des Noirs d’Afrique du Sud, majoritaires, par une petite minorité de Blancs. Forme la plus abjecte du comportement humain envers son semblable, à l’image du Nazisme pendant la deuxième guerre mondiale. Souvenons-nous de Soweto, Juin 1976.

 

Vingt sept années de privation de liberté, au cours desquelles est né un mythe sur lequel l’on ne pouvait encore mettre  un visage ; d’où il en sortira non pas diminué, mais tout au contraire plus fort que jamais devant l’adversaire après sa libération le 16 Février 1990. De cette lutte qui a dépassé les frontières de l’Afrique du Sud, Nelson MANDELA a changé l’Histoire et la vie de millions d’hommes dans le Monde. Il faut dire que la chute du mur de Berlin le 11 Novembre 1989, qui sonnait le glas du Communisme, avait changé, aussi, la donne de l’opposition des deux Blocs : Est-Ouest, la guerre froide depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Mettant ainsi l’Afrique du Sud et sa politique d’apartheid au banc des accusés d’ennemis de la paix dans le monde.

ADIEU ! «Tata»  Rolihlahla MANDELA

Je veux citer, ici, les propos du Président des Etats Uns d’Amérique : Barack Hussein OBAMA, qui résume tout de notre héros, lors de l’Hommage Mondial des Funérailles rendu devant un parterre d’une centaine de Chefs d’Etat et de Gouvernements, et de plus de quatre vingt mille personnes rassemblées au SUCCER CITY STADIUM ; propos qui résument toute la personnalité de ce géant, de ce héros que fut Tata (surnom affectueux  de grand père) Madiba Nelson MANDELA. Je dirai, pour emprunter une métaphore africaine : ce baobab qui a été terrassé par la mort.

 

ADIEU ! «Tata»  Rolihlahla MANDELA

« Une vie sans égal ; un géant de l’Histoire, qui a fait avancer et changer l’Histoire. Dernier grand libérateur, qui a su maintenir l’unité de son pays, une icône.

 

Tout ce qu’il a fait n’allait pas de soi, sans le pouvoir de l’opiniâtreté.

 

Défendre ses idées a un prix, pour lesquels il était prêt à mourir. Mandela, c’était faire confiance aux autres pour qu’ils vous fassent confiance à leur tour, disait-il

 

Il ne faut pas prendre en compte l’héritage de Nelson MANDELA sans en faire quelque chose. Il semble toujours impossible de faire quelque chose jusqu’à ce qu’il soit fait, disait-il.

 

Prendre exemple sur MANDELA, c’est faire ressortir ce qui est bien en nous, comme il disait ; et il ajoutait : quelque soit la hauteur des barrières je suis maître de mon âme.

 

Il est l’une des plus grandes personnalités du XXème siècle. Point d’exemple pour nous de supériorité morale et d’étique » (cf.) 

 

 

Entres à présent dans le panthéon où les grands illustres hommes qui bâtirent héroïquement le Monde : Abraham LINCOLN, Martin Luther KING, Mahatma GANDHI, Soundiata KEITA, pour ne citer que ceux-là parmi tant d’autres, accueilleront ta silhouette majestueuse qu’illumine ton sourire éternellement constant en tout moment, en t’ouvrant grandes les portes de la « Maison Céleste des Justes ».

 

Par Mamadou Jean-Michel KOUROUMA

Correspondant à Dakar, pour VOIX AFRICAINE

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